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Fillette réfugiée

La situation en Irak dans le domaine humanitaire est
particulièrement inquiétante et mérite davantage d’attention de la part de la
communauté mondiale, a déclaré lundi Kyung-wha Kang, sous-secrétaire générale
des Nations Unies pour les affaires humanitaires, lors d’une visite dans le pays
qui l’a menée à Bagdad et à Erbil (nord).

« Le coût humain de la crise est considérable. Nous sommes
extrêmement inquiets du fait que tous les indices suggèrent que la situation va
s’aggraver de manière dramatique dans les mois qui viennent », a déclaré Mme
Kang, a-t-on appris d’une déclaration du Bureau de coordination des affaires
humanitaires de l’ONU (OCHA).

« Je me suis entretenue avec des femmes qui ont pratiquement
tout perdu. Si nous voulons réussir à répondre à leurs besoins les plus
fondamentaux, nous devons avoir des capacités accrues, ainsi qu’un meilleur
accès et une sécurité renforcée. L’insécurité compromet l’ensemble de
l’opération d’assistance en Irak », a ajouté Mme Kang.

« La crise économique qui frappe la région du Kurdistan et le
pays dans son ensemble est extrêmement préoccupante », a-t-elle poursuivi. « C’est
le moment pour la communauté internationale de s’engager et de fournir d’urgence
un financement adéquat pour une assistance vitale. Si ce n’est pas le cas, les
conséquences seront terribles », a souligné la sous-secrétaire générale.

« Ce financement est nécessaire pour maintenir les programmes
d’assistance et pour aider à la reconstruction des zones reprises à Daech afin
que les habitants puissent retourner chez eux volontairement et en toute
sécurité », a affirmé Mme Kang à l’issue de sa mission de deux jours en Irak.

L’ONU estime que dix millions de personnes en Irak ont
actuellement besoin d’assistance humanitaire. Près de 3,2 millions de personnes
ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis janvier 2014. Les efforts
d’assistance humanitaire en Irak sont insuffisamment financés. Sur les 498
millions de dollars nécessaires à la réalisation d’un plan de secours lancé en
juin afin de répondre aux besoins les plus pressants dans la seconde moitié de
2015, moins de 50% des fonds ont été perçus, ce qui a contraint les partenaires
humanitaires à mettre fin à de nombreux programmes vitaux.